LE PREMIER HOMME PAR JACQUES FERRANDEZ / AUX ÉDITIONS GALLIMARD BD

 » Voilà longtemps que je fréquente Camus. »

Jacques Ferrandez a différents points communs avec Albert Camus, leur origine, leurs souvenirs. L’illustrateur, qui a déjà adapté l’Hôte et l’Étranger, réalise ici un bel hommage à l’auteur. 

En introduction, il est expliqué que la publication du premier homme tient du miracle, le manuscrit a été retrouvé lors de l’accident de voiture où Camus trouva la mort aux côtés de Michel Gallimard. Le manuscrit est malheureusement inachevé mais autobiographique, Jacques Cormery est l’alter-égo fictif d’Albert Camus. 

Le texte est brut, sans retouches, l’auteur ne l’aurait certainement pas publié exactement comme il le fut à l’initiative de sa fille Catherine Camus. Il y a une sincérité, une pureté mais aussi des erreurs au niveau de l’espace temps. Jacques Ferrandez mêle le passé, le présent mais aussi le fictif, une vie hypothétique, de manière graphique. Il reste tout de même fidèle au texte. J’aime la beauté de ses traits ou lorsque le paysage dépasse du cadre ou encore quand le ciel glisse derrière les bulles. 


Jacques Ferrandez a le don de réaliser des traits du visage très expressifs. En particulier Camus, d’une grande beauté avec un charme qui révèle ses blessures intérieures. Il comble les trous avec son imagination entre la vie réelle de Camus et celle fictive de Jacques. Il fait revivre les soldats, les zouaves dans des scènes époustouflantes de douleur. Jacques Cormery s’adresse à sa mère, à son ignorance pour mieux nous apprendre ce que nous n’avons pas connu. 

Il y a des morceaux de manuscrit illustrant l’écriture de l’auteur pendant qu’il cherche des réponses à ses questions sur son passé et surtout celui de ses parents et de son pays. Il y a des ellipses visuelles à travers les cases comme les ellipses que l’on trouve dans le récit du premier homme. La question du passé historique et familiale est merveilleusement illustrée. 

C’est une déclaration d’amour à sa mère dont Ferrandez illustre ses paroles d’une écriture moins lisible et tramblottante. Il met en valeur l’importance du silence, de ce qui peut être dit sans mots. 

Les planches de bande dessinée de Jacques Ferrandez seront exposés à la galerie Gallimard au cours de l’exposition L’oeuvre d’Albert Camus en bande dessinée du 19 janvier au 7 mars 2018 au 30-32 rue de l’ Université. Retrouvez les informations pratiques sur le site officiel de la galerie http://www.galeriegallimard.com 

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