BIG LITTLE LIES DE LIANE MORIARTY / AUX ÉDITIONS ALBIN MICHEL 

Après avoir adoré la série télévisée, je me suis laissée tenter par la lecture de Big Little Lies, traduit par Petits secrets, grands mensonges. Cette série m’a laissé sans voix. Il y a Madeline, jouée par Reese Witherspoon, drôle et attachante. Il y a Céleste, jouée par Nicole Kidman, belle et mystérieuse. Il y a Jane, jouée par Shailene Woodley, forte et touchante. Il y a aussi le beau Perry, joué par Alexander Skarsgard, inquiétant et hypnotisant. 

La série est plus ou moins fidèle au livre, excepté en ce qui concerne le père de Ziggy. C’est l’histoire de femmes de quartiers résidentiels huppés, on vit avec elle les aléas de la vie mais ce n’est jamais dans le pathos. Mais c’est surtout une série policiere, on sait que quelqu’un est mort mais on ne sait pas qui…

Céleste est mariée à Perry, elle est mère de jumeaux. Ancienne avocate, en apparence sa vie semble parfaite, elle est riche et à un mari aimant mais elle cache un lourd secret. Madeleine est mariée à Se, ils ont comme enfants Chloé et Fred. Son ex-mari Nathan, avec lequel elle a eu Abigail est remarié à Bonnie avec laquelle il a eu la petite Skye. Ils sont le modèle de la famille recomposée qui rencontre des difficultés pour l’éducation de leurs enfants. Jane est mère célibataire du petit Ziggy, elle vient d’emmenager en ville au début du roman. On découvre peu à peu les épreuves qu’elle a dû affronter.

Les questions de la violence et du harcèlement sont très présentes sur ce soit en bas âge à l’école maternelle ou des décennies plus tard à l’âge adulte. Les femmes ne veulent plus être victimes des hommes. On découvre les failles humaines qui mènent parfois à la violence. C’est aussi une éloge de l’amitié et de la force de l’être humain. 

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LE PREMIER HOMME PAR JACQUES FERRANDEZ / AUX ÉDITIONS GALLIMARD BD

 » Voilà longtemps que je fréquente Camus. »

Jacques Ferrandez a différents points communs avec Albert Camus, leur origine, leurs souvenirs. L’illustrateur, qui a déjà adapté l’Hôte et l’Étranger, réalise ici un bel hommage à l’auteur. 

En introduction, il est expliqué que la publication du premier homme tient du miracle, le manuscrit a été retrouvé lors de l’accident de voiture où Camus trouva la mort aux côtés de Michel Gallimard. Le manuscrit est malheureusement inachevé mais autobiographique, Jacques Cormery est l’alter-égo fictif d’Albert Camus. 

Le texte est brut, sans retouches, l’auteur ne l’aurait certainement pas publié exactement comme il le fut à l’initiative de sa fille Catherine Camus. Il y a une sincérité, une pureté mais aussi des erreurs au niveau de l’espace temps. Jacques Ferrandez mêle le passé, le présent mais aussi le fictif, une vie hypothétique, de manière graphique. Il reste tout de même fidèle au texte. J’aime la beauté de ses traits ou lorsque le paysage dépasse du cadre ou encore quand le ciel glisse derrière les bulles. 


Jacques Ferrandez a le don de réaliser des traits du visage très expressifs. En particulier Camus, d’une grande beauté avec un charme qui révèle ses blessures intérieures. Il comble les trous avec son imagination entre la vie réelle de Camus et celle fictive de Jacques. Il fait revivre les soldats, les zouaves dans des scènes époustouflantes de douleur. Jacques Cormery s’adresse à sa mère, à son ignorance pour mieux nous apprendre ce que nous n’avons pas connu. 

Il y a des morceaux de manuscrit illustrant l’écriture de l’auteur pendant qu’il cherche des réponses à ses questions sur son passé et surtout celui de ses parents et de son pays. Il y a des ellipses visuelles à travers les cases comme les ellipses que l’on trouve dans le récit du premier homme. La question du passé historique et familiale est merveilleusement illustrée. 

C’est une déclaration d’amour à sa mère dont Ferrandez illustre ses paroles d’une écriture moins lisible et tramblottante. Il met en valeur l’importance du silence, de ce qui peut être dit sans mots. 

Les planches de bande dessinée de Jacques Ferrandez seront exposés à la galerie Gallimard au cours de l’exposition L’oeuvre d’Albert Camus en bande dessinée du 19 janvier au 7 mars 2018 au 30-32 rue de l’ Université. Retrouvez les informations pratiques sur le site officiel de la galerie http://www.galeriegallimard.com 

PETIT COURS DE MYTHOLOGIE PAR E. GERUZEZ AUX EDITIONS HACHETTE

Je vous présente mon « livre-trésor », c’est un cadeau que mon grand-père m’a fait il y a plusieurs années. C’est un livre éducatif présentant la mythologie dans son ensemble, les divinités, les héros, les mythes latins, grecs et égyptiens.

Il date de 1906, il est usé, il est gribouillé, il est déchiré par endroits, les pages sont jaunies et sentent la poussière. C’est un petit trésor que je garde précieusement car le fait qu’il ait traversé les décennies pour arriver jusqu’à moi me touche beaucoup. De plus, c’est un cadeau de mon grand-père que j’adorais et qui m’a donné le goût de la lecture quand j’étais petite.

Par ailleurs, je suis passionnée de mythologie grecque depuis que j’ai joué au lycée une pièce de théâtre autour de la famille des Atrides puis l’Agamemnon d’Eschyle. J’ai eu la chance de faire un voyage en Grèce sur les traces de ces héros, de ces dieux, qui me fascinent. J’ai été a Mycènes dans le palais d’Agamemnon, devant son tombeau et devant celui de Clytemnestre mais aussi à l’Acropole ou encore à Delphes. Avec ma classe de l’époque, nous avons eu l’énorme privilège de jouer quelques scènes d’Agamemnon au cœur du théâtre antique d’Epidaure, un moment d’émotion…

La mythologie continue de m’accompagner, elle me passionne, elle m’intrigue, je la trouve tellement intéressante et enrichissante.

Pour toutes ces raisons, je garde précieusement ce Petit cours de mythologie de E. Géruzez aux éditions Librairie Hachette datant de 1906 !

EXTRAIT

JUGEMENT DE PARIS

Tous les dieux avaient été appelés aux noces de Pélée, roi d’Egine, avec Thétis, fille de Nérée et de Doris. La Discorde seule n’avait pas été conviée. Pour se venger de cet affront, elle jeta sur la table du festin une pomme d’or avec cette inscription : A la plus belle. Toutes les déesses voulurent s’en emparer; mais on remit la décision du débat à Pâris, berger phrygien, fils de Priam dont il gardait les troupeaux sur le mont Ida. Les prétentions des autres déesses avaient été écartées, il ne restait que trois rivales : Junon, Minerve et Vénus; elles comparurent devant leur juge. Vénus obtint le prix, et nous verrons plus tard comment cette décision fut l’origine de la guerre de Troie.

 

LA GRANDE AGATHA CHRISTIE ILLUSTRÉE PAR CAROLINE GUILLOT / ÉDITIONS CHÊNE BD

Quel bonheur d’avoir découvert ce livre !

L’auteur pose tout d’abord le décor avec un bref historique de l’époque, la situation dans laquelle se trouve le Royaume-Uni durant les deux guerres mondiales puis le début de l’Union Européenne.

Ensuite, nous glissons vers une brève biographie d’Agatha Christie. Elle a eu une bonne éducation, elle a été encouragé par sa famille à écrire, et surtout par sa sœur a écrire des polars. Elle épouse ensuite Archie, juste avant qu’il ne parte à la guerre. Elle rencontre un premier petit succès avec ses polars. Puis il y a le célèbre événement de sa disparition, affaire toujours non élucidée, le mystère reste entier et les hypothèses sont multiples. Elle divorce d’Archie et épouse un archéologue. Elle rencontre un succès fulgurant avec les 10 petits nègres et Le crime de l’Orient-Express.

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Un bref rappel des genres liés à l’enquête policière est fait avant de présenter comme il se doit les personnages récurrents inventés par Agatha Christie.

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Ensuite, il est temps pour le lecture de mener l’enquête !

Nous sommes invités a devenir des détectives à notre tour. Il y a une explication de la situation, puis une présentation de tous les personnages de l’histoire, le lieu du crime illustré et détaillé avec les indices mis en avant puis les premiers témoignages des suspects et pour finir le déroulé de l’enquête.

Ces quelques pages, par enquête, se termine par QUI C’EST ?

A vous de trouver le coupable…

Les illustrations sont drôles et colorées. Cet ouvrage permet de (re)découvrir les enquêtes écrites par Agatha Christie tout en prenant le rôle du détective avec tous les indices mis à la disposition des lecteurs de manière illustrée ou écrite.

J’avoue que c’est assez grisant… C’est drôle, amusant et ludique 🙂

Si jamais vous avez un double sur l’identité du meurtrier, c’est l’occasion de relire l’œuvre magistrale d’Agatha Christie !

 

NIKI DE SAINT PHALLE PAR CAMILLE MORINEAU / ÉDITIONS DÉCOUVERTES GALLIMARD 

On ne présente plus Niki de Saint Phalle, cette artiste multiple, passionnée et tourmentée. Elle a abandonné sa famille pour se consacrer à son art. Il y a de la violence dans ses gestes de création.

Elle veut représenter la femme autrement. La faire vivre en dehors du mariage. La rendre héroïne.

Il y a ses célèbres Nanas, plus grandes que nature. En mouvement. En couleurs. En formes. 

« Parce que les hommes le sont (grands) et qu’il faut qu’elles le soient davantage (grandes) pour pouvoir être leurs égales. » 

Ensuite il y a sa série de Tirs qu’elle met en scène souvent devant un public. Elle tire à la carabine avec de la peinture sur une toile ou une œuvre en plâtre. 

Elle crée son jardin des Tarots où se mêlent sculptures monumentales et nature.

Elle s’engage pour lutter contre le sexisme, le sida et la ségrégation. Niki refuse les inégalités et les discriminations, par son art elle se révolte et fait entendre la voix des minorités. 

LE ROMAN VRAI DE NINON DE LENCLOS – MICHEL DE DECKER / AUX EDITIONS BELFOND

 


J’ai eu l’immense chance de rencontrer Michel de Decker lors du Salon du livre de Mennecy il y a quelques années, c’est un auteur passionnant et passionné. J’aime l’entendre et le lire. Il a toujours des anecdotes savoureuses sur les grandes figures de notre Histoire de France. Il dresse ici, aux éditions Belfond, le portrait de Ninon de Lenclos à la vie tumultueuse et remplie de rencontres. Elle aura marqué son temps par son libertinage mais aussi par sa culture et sa curiosité.

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Ninon de Lenclos a une enfance solitaire avec une mère bigote et un père en cavale. Jeune, elle rencontre Marion Delorme qui lui enseigne les plaisirs de la vie. Elle s’installe dans le Marais et accueille ses nombreux amants. Elle fréquente les libertins et a une liaison avec Henri de Sévigné puis certainement avec François d’Aubigné, future Madame de Maintenon. Elle tombe folle amoureuse du comte de Villarveaux. Ils vivent ensemble à la campagne où naît leurs fils, Louis Félix. Alors qu’à Paris, la Fronde s’apaise, Ninon s’ennuie et veut rentrer à la capitale. Elle est quelques temps exilée au couvent puis fait son grand retour, ce qui réjouit ses prétendants jusqu’à ses 80 ans.

 

KAAMELOTT OU LA QUÊTE DU SAVOIR – NICOLAS TRUFFINET / AUX EDITIONS VENDEMIAIRE

 

En tant que fan inconditionnelle de la série Kaamelott, je me suis vite mise à la recherche d’un livre consacré à la série, j’en ai trouvé un aux éditions Vendémiaire ! Quelle joie ! Vivre encore un peu avec cette série dont je connais presque chaque épisode par cœur, que je ne me lasse jamais de regarder. Décortiquer avec l’auteur les subtilités qu’Alexandre Astier y a apporter. Une lecture plus qu’agréable 🙂

Malgré de nombreux gags, les chevaliers Perceval et Karadoc sont toujours en quête de savoir, auprès d’Arthur par exemple ou toujours à la recherche d’une nouvelle technique de combat (souvent loufoque). J’ai découvert qu’à l’origine Kaamelott était un court-métrage réalisé par Alexandre Astier intiulé « Dies Irae » avec plus ou moins les mêmes acteurs inconnus du grand public à l’époque. Dès la première saison, chaque personnage a ses propres caractéristiques qui seront développées de plus en plus au fil des saisons. Arthur est bien occupé entre la quête du Graal, des chevaliers incompétents, ses maîtresses, sa femme, les attaques barbares et les doléances du peuple, dont les très drôles paysans. Alexandre Astier s’amuse avec le non-sens et le langage en général, ce qui provoque des situations hilarantes. La légende que le Père Blaise a pour mission d’écrire est peu glorieuse mais elle nous fait mourir de rire. Le Roi Arthur est très pédagogue avec ceux qui l’entoure comme Alexandre Astier peut l’être avec son public.

Merci à ce grand homme de nous faire rire tout en nous amenant vers le savoir.

Des fans de Kaamelott ? 🙂